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Système de suivi des surfaces agricoles en temps réel

Dans le cadre du déploiement de la future PAC 2023/2027, tous les Etats membres mettent en place le nouveau Système de suivi des surfaces agricoles en temps réel (3STR). L’ASP en assure la mise en oeuvre en France.

De quoi s'agit-il ?

Le règlement européen du Parlement et du Conseil prévoit un Système de suivi des surfaces agricoles permettant d’automatiser :

  • la reconnaissance des critères d’éligibilité aux dispositifs surfaciques tels que la vérification du couvert déclaré sur les parcelles ;
  • en utilisant les données acquises par les satellites Sentinel fournies par le programme européen Copernicus ;
  • en vérifiant la conformité des parcelles aux demandes d’aides.

Ce nouveau système permet de :

  • prévenir l’agriculteur dès qu’un écart est détecté entre les couverts déclarés et ceux constatés par l’administration pour qu’il puisse modifier sa déclaration avant paiement ;
  • vérifier l’éligibilité à certains dispositifs sans contrôle sur place, même si ceux-ci subsistent pour vérifier des points non vérifiables ou pas avec une garantie suffisante par le 3STR.

Transcription

Parlons « Politique agricole commune 2023-2027 – Système de suivi des surfaces agricoles en temps réel »

Véronique Lemaire-Curtinot, Directrice des soutiens direct agricoles (DSDA) de l’Agence de services et de paiement

Dans le cadre de la future programmation de la Politique agricole commune, qui prendra effet au 1ᵉʳ janvier 2023, la Commission européenne a introduit un nouveau composant dans le Système intégré de gestion et de contrôle, qui distribue les aides directes de la PAC. 

Ce nouveau composant qui s'appelle « Système de suivi des surfaces agricoles en temps réel » bénéficie d’évolutions technologiques.

D'une part, on a des images satellites acquises par la constellation Copernicus qui arrivent tous les 3 à 6 jours et qui permettent de voir ce qui se passe sur le sol avec une résolution de dix mètres. Et l'autre évolution technologique qu'on utilise, c'est ce qu'on appelle l'intelligence artificielle. Pour ce qui concerne donc l'alliance de ces deux éléments, on va pouvoir, à partir de ça, reconstituer des critères d'éligibilité pratiquement de façon automatique.

Mais une intelligence artificielle, ça marche, disons dans 95 % des cas, et dans les 5 % des cas restants, il faudra qu'on intervienne pour être certain de la décision à prendre par rapport à l'éligibilité aux aides. Et pour ce faire, l'administration regardera bien sûr et essaiera d'avoir d'autres éléments, mais sinon on se tournera vers les agriculteurs à l'aide d'applications nous permettant de communiquer avec eux, et ces applications, la principale, c'est une application dite de photos géolocalisées.

Campagne de tests de l’application « Photos géolocalisées » - Comment ?

Nicolas Loubère, Chef du Service économie agricole – Direction Départementale des Territoires de la Haute-Vienne

Ce matin, on fait tester à un agriculteur volontaire, le prototype d'une future application qui va permettre d'alerter l'exploitant en cas d'incohérence entre la déclaration qu'il a faite et le couvert qui est observé par des données satellites. L’administration va pouvoir instruire cette alerte et, le cas échéant, demander à l'exploitant de prendre lui-même une photo de sa parcelle. Une photo géolocalisée et cela permettra à l'administration de recalculer, le cas échéant, l'aide.

Ça permettra à l'exploitant de modifier sa déclaration s'il y a lieu, sans aucune pénalité de retard. 

Michel Texier, producteur de pommes à Saint-Yrieix en Haute-Vienne

Aujourd'hui, j'ai participé à un test pour faire des photos avec une application qui est en train d'être mise au point par la PAC. Donc, c'est un test pour vérifier sur le terrain, si sur une parcelle, il y a peut-être quelque chose qui n'est pas très bien compris dans le système.

On me demande donc d'aller vérifier cette parcelle, de prendre une photo de la parcelle et la transmettre à l'administration pour vérifier si la culture de cette parcelle est bien celle qui avait été indiquée sur le dossier de la PAC. La première chose qui a été faite, bien sûr c’est de charger l'application. Et puis aujourd'hui, on a pu ouvrir cette application et procéder à la prise des photos des parcelles concernées.

Donc ça nous indique les parcelles sur lesquelles il faut aller faire la photo. Donc, il y a une icône qui nous indique le lieu précis de la parcelle où il faut qu'on se rende. On peut y aller avec un guide pédestre sur l'application qui nous permet, dès lors qu'on est à moins de 200 mètres du point, nous guide jusqu'au point fixe sur lequel on doit se rendre pour pouvoir prendre la photo.

Une fois sur place, on va ensuite chercher à faire deux photos, une photo de près et une photo éloignée, de façon à avoir deux photos qui permettent de bien distinguer la parcelle dans son environnement et la culture mise en place. Une fois qu'on l'a fait une fois, c'est très facile à progresser dans la démarche. 

Nicolas Loubère, Chef du Service économie agricole – Direction Départementale des Territoires de la Haute-Vienne

L'objectif de ces tests, 400 au niveau national, c'est de vérifier que la prise en main est facile, que l'interface soit suffisamment intuitive pour l'exploitant.

Et puis, c'est un moment privilégié où on peut échanger avec l'exploitant, recueillir ce qu'il pense de cet outil, des possibilités de cette nouvelle application, peut être aussi le rassurer sur des craintes qu'il a. Et bien le rassurer sur le fait que c'est un outil qui va faciliter et sécuriser sa déclaration et lui permettre d'introduire un nouveau droit à l'erreur.

C'est-à-dire qu'il pourra, en cours de campagne, modifier facilement et sans aucune pénalité les données de sa déclaration. 

Michel Texier, producteur de pommes à Saint-Yrieix en Haute-Vienne

Si ce que j'ai vu et ce que j'en crois, ça permet d'alléger les contraintes et les contrôles vis-à-vis de l'administration face aux producteurs, alors ce n'est que positif. Si le travail est bien fait dès le départ et si ça, ça permet de corriger les erreurs sans pénalité derrière, ce que j'ai compris alors c'est que c'est positif.

Analyse des résultats de la campagne de tests – Et après ?

Véronique Lemaire-Curtinot, Directrice des soutiens direct agricoles (DSDA) de l’Agence de services et de paiement

L'objectif était de recueillir les avis à chaud des utilisateurs, de les compiler et ensuite de demander aussi aux agriculteurs d'avoir un retour à froid, c'est à dire quelques jours après le test, de renvoyer un questionnaire qui était le même pour tout le monde qu'on compilera au niveau national. L'idée avec tous ces retours, c'est de pouvoir identifier les principales améliorations que nous devons apporter à cette application pour la future année à blanc 2 ou pour le coup, elle sera utilisée par tous les agriculteurs.

Ça, c'est la première échéance et, bien sûr l'échéance suivante, c'est l'année 2023 qui sera la première année de la programmation PAC 2023-2027, au cours de laquelle on instruira les dossiers : droit au paiement de base, paiements redistributifs et les dossiers ICHN, sur la base des indications du Système de suivi des surfaces en temps réel.

Donc, ce système, qu'on aura testé à blanc en deux étapes sur 2022, sera effectif en 2023.

 

Une nouvelle organisation qui met l’accent sur la prévention et l’interaction avec les exploitants

Chaque mois, de juin à septembre, les exploitants pourront consulter sur Telepac les feux obtenus sur leurs parcelles :

  • si le feu est vert, la parcelle est conforme
  • si le feu est orange, l’administration n’a pas encore conclu sur l’éligibilité de la parcelle
  • si le feu est rouge, l’exploitant doit modifier sa déclaration ou apporter des éléments à l’administration pour prouver la conformité de la parcelle

Lorsque l’analyse automatique des images satellites ne permet pas de conclure sur l’éligibilité de la parcelle, une instruction complémentaire est effectuée.

Dans ce cas, si l’analyse des images ne suffit pas, l’administration pourra demander à  l’exploitant de prendre et communiquer des photos géolocalisées  de la parcelle, présentant le couvert en place et attestant d’un entretien minimal des terres.

L’analyse des photos géolocalisées envoyées par les exploitants permettra de statuer sur l’éligibilité de la parcelle. Si les photos ne sont pas suffisantes ou si une demande de photo géolocalisée est jugée non pertinente, un agent de l’administration pourra se déplacer pour visualiser la parcelle. 

Une déclaration de bonne qualité par l’exploitant est essentielle pour permettre d’éviter des sollicitations inutiles de la part de l’administration.
 

Agriculteurs, toutes vos questions sur le 3STR

Concrètement, des satellites assurent en continu l’acquisition d’images permettant de suivre l’évolution des cultures sur les surfaces agricoles. Les images prises par des satellites Sentinel sont analysées par des algorithmes d’ intelligence artificielle, qui les comparent avec les demandes d’aides des exploitants. Si une anomalie est détectée entre le couvert déclaré et le couvert reconnu, l’exploitant sera informé via son espace telepac ou par sollicitation directe de l’administration.

Toutes les parcelles des déclarations PAC sont ainsi vérifiées par :

  • l’analyse automatique d’images satellites à 20 m de résolution ;
  • l’observation du territoire tous les 3 à 6 jours.

Le réseau de satellites Sentinel permet l’acquisition d’images tous les 3 à 6 jours à une résolution à 20 m. Il permet de suivre l'évolution des parcelles et la croissance culturale,  tout au long de la campagne et sur l’ensemble du territoire français (métropole et Départements d’Outre Mer).

  • Dépôt des dossiers PAC sur Telepac à partir du 1er avril et jusqu’au 18 mai 2026 (dépôt tardif jusqu’au 9 juin en 2026)
  • Existence du RPG
  • Accompagnement possible par les organismes de service
  • Interlocuteurs directs en DDT(M)/DAAF
  • Paiements selon un calendrier semblable au calendrier actuel
  • Maintien des contrôles sur place : le 3STR ne permet pas de tout vérifier par satellite. Afin d’assurer le contrôle des aides versées, les contrôles sur place sont déployés sur tous les critères qui ne peuvent être automatisés (cultures en mélange, bandes tampons, pratiques culturales, mode de valorisation des cultures, justificatifs documentaires,  effectifs animaux, …). 

Des expertises complémentaires seront alors effectuées par les services administratifs, en Direction Régionale ASP ou en DDT(M)/DAAF :

  1. expertise d’images satellites,
  2. analyse de photos géolocalisées prises par les exploitants via l’application Telepac Géophotos,
  3. déplacements terrain.

L’analyse des critères d’éligibilité doit pouvoir être menée sur l’ensemble des parcelles agricoles de l’exploitation pour pouvoir assurer le paiement des aides.

L’introduction du droit à l’erreur ne modifie pas les obligations des exploitants agricoles déjà existantes sur la période de demande d’aide :

  • déclaration d’aide sans pénalité : du 1er avril au 18 mai 2026
  • déclaration d’aide avec réduction pour dépôt tardif du 19 mai au 9 juin 2026

Néanmoins, la nouvelle réglementation introduit la possibilité de modifier la déclaration sans réduction financière jusqu'au 20 septembre 2026, dès lors que la télédéclaration a été signée et qu’il n’a pas été informé d’un contrôle sur place. Les modifications effectuées sur Telepac remplacent les modifications papier précédentes et il n’y a plus de réduction pour modification tardive. Cette possibilité s’arrête toutefois le 20 septembre et les modifications ne seront pas acceptées si elle implique une hausse des aides pour lesquelles l’administration ne peut plus vérifier l’éligibilité car trop tardives.

Dans Telepac, des aplats de couleurs sur les parcelles représentent les résultats du 3STR :

La parcelle est conforme.
Aucune action n’est attendue de la part de l’exploitant, le couvert reconnu est conforme au couvert déclaré.

La parcelle est en attente de résultats ou en cours d’analyse.
L’exploitant peut être sollicité pour une demande de photos géolocalisées.

La parcelle est non conforme.
Le couvert identifié n’est pas conforme au couvert déclaré, ce qui rend la parcelle inéligible. Une action est attendue de la part de l’exploitant : modification de la parcelle, retrait de la demande d’aide ou apport d’éléments justificatifs s’il souhaite contester la conclusion de l’administration. Pour que ce feu rouge n’entraîne pas de pénalités sur les aides, l’exploitant doit réagir. 
 

Ce système de suivi des couverts se met en place dès 2023 après deux années expérimentales. L’agriculteur sera invité le cas échéant à corriger sa déclaration pendant l’été. L’accent est ainsi mis sur la prévention et la correction des écarts entre les couverts déclarés par les bénéficiaires et ceux constatés par l’administration. Pour autant, la résolution de ces images et l’automatisation mise en place ne permet pas d’analyser tous les critères vus dans le cadre d’un contrôle sur place : cultures en mélange, bandes tampons, cahiers d’enregistrement, mode de valorisation des cultures, justificatifs documentaires, effectifs animaux,...

A cet effet, les contrôles sur place existeront toujours, mais seront réduits au contrôle des aides qui ne peuvent être automatisés avec le 3STR. Le taux de contrôle sur place des aides PAC est de 5% des aides qui ne peuvent être automatisés avec le 3STR.

Les contrôles sur place sont déployés après notification à l’exploitant. Les modifications de déclaration ne seront plus possibles sur le périmètre des aides contrôlées. Les autres modifications resteront possibles et seront examinées par l’administration.